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Application mobile santé mentale : fonctionnalités indispensables et erreurs à éviter
Une application de santé mentale repose sur cinq fonctionnalités indispensables (suivi de l'humeur, exercices guidés, rappels respectueux, accès rapide à de l'aide humaine, partage maîtrisé avec un professionnel) et démarre à 5 000 € HT pour une version simple, de 8 000 à 15 000 € HT dès qu'un suivi par un professionnel s'y ajoute. Ce guide explique pourquoi chaque fonction compte, quelles erreurs rendent une application inutilisable ou risquée, ce que la réglementation oblige à décider avant de développer, et comment se déroule le projet.

L'essentiel
- Cinq fonctions font l'utilité d'une application de santé mentale : suivi de l'humeur, exercices guidés, rappels respectueux, accès rapide à de l'aide humaine et partage maîtrisé avec un professionnel.
- Les données de santé mentale sont des données sensibles : consentement explicite, collecte réduite au strict nécessaire et choix de l'hébergement se décident avant la première ligne de code.
- Ce que vous annoncez (« accompagner » ou « soigner ») détermine le statut de l'application : outil de bien-être ou dispositif médical.
- Les erreurs les plus coûteuses sont des erreurs de conception : notifications insistantes, ton culpabilisant, aucun chemin vers une aide humaine, données collectées « au cas où ».
- Deux fourchettes de budget existent, application simple et application métier ; ce qui fait passer de l'une à l'autre est détaillé plus bas.
Application de santé mentale : trois promesses possibles, trois projets distincts
Avant de choisir la moindre fonction, décidez de ce que l'application promet : accompagner le bien-être de tout le monde, prolonger un suivi mené par un professionnel, ou soutenir des personnes en parcours de soins. Ces trois promesses n'appellent ni les mêmes écrans, ni les mêmes obligations, ni le même budget.
- Le bien-être grand public. Exercices de respiration, relaxation, journal, suivi de l'humeur pour soi. Aucun soignant n'est impliqué : la personne est seule face à l'outil, ce qui donne au ton des textes et aux garde-fous une importance particulière.
- Le prolongement d'un suivi. Un psychologue, un psychiatre ou une équipe propose l'application à ses patients, consulte certaines informations avec leur accord et ajuste des exercices entre deux séances. Il faut alors deux types de comptes et un partage encadré.
- Le parcours de soins structuré. Programme prescrit, échelles de questionnaires, alertes à une équipe. C'est le terrain où la question du dispositif médical se pose avec le plus de netteté (voir plus bas la frontière entre bien-être et médical).
Le public change aussi la conception. Une personne fatiguée, anxieuse ou à bout d'énergie n'a pas la patience qu'on prête à un utilisateur ordinaire : un écran chargé, un formulaire long ou un message mal tourné suffisent à lui faire fermer l'application pour de bon. Dans ce domaine, une interface calme est une fonctionnalité à part entière.
Associez dès le départ des professionnels : psychologues, psychiatres, infirmiers, associations de patients selon votre public. Ils savent quelles formulations aident et lesquelles blessent, et ils diront ce qu'une application peut raisonnablement proposer. Pour situer notre périmètre, notre page sur les applications de santé présente ce que nous réalisons dans ce domaine.

Les cinq fonctionnalités indispensables d'une application de santé mentale
Chacune des cinq fonctions ci-dessous répond à un besoin précis : se repérer, agir, être accompagné au bon rythme, savoir vers qui se tourner et, si un professionnel suit la personne, lui montrer ce qu'elle souhaite lui montrer. Trois d'entre elles forment le cœur de l'usage quotidien.
Suivi de l'humeur
Un enregistrement en quelques secondes : une échelle simple, quelques repères facultatifs (sommeil, énergie, événement marquant) et un champ libre. Les courbes aident à repérer des tendances sur plusieurs semaines, sans verdict ni score alarmant.
Exercices guidés
Respiration, relaxation, ancrage, exercices inspirés des approches cognitives et comportementales : des formats courts, utilisables sans connexion, avec une voix ou un texte posé. Leur contenu doit être validé par un professionnel.
Rappels respectueux
Un rappel par jour au maximum par défaut, à l'heure choisie par la personne, formulé sans culpabiliser (« Prenez un moment pour vous » plutôt que « Vous avez oublié votre exercice »), avec une mise en pause possible en un geste.
Un accès rapide à de l'aide humaine
Une application de santé mentale doit toujours montrer où trouver une aide humaine. En France, le 3114 (numéro national de prévention du suicide, joignable à toute heure) et le 15 ou le 112 en cas d'urgence vitale sont les repères habituels. Un bouton visible depuis chaque écran, qui lance l'appel d'un geste, vaut mieux qu'une page enfouie dans les réglages. Faites relire par un professionnel le texte qui s'affiche à ce moment-là, et revérifiez les numéros avant chaque publication : ils peuvent évoluer, et ils diffèrent d'un pays à l'autre si votre public est à l'étranger.
Dites aussi clairement ce que l'application ne fait pas. Si personne ne lit en temps réel ce que l'utilisateur saisit, l'écran doit le préciser, pour que nul ne croie être surveillé et secouru alors qu'il écrit dans le vide.
Un partage maîtrisé avec un professionnel
Quand l'application accompagne un suivi, la personne décide de ce qu'elle montre : la courbe d'humeur partagée, les notes personnelles gardées pour elle seule. Le partage s'active par un geste clair, se coupe aussi facilement, et le professionnel ne voit rien tant que l'accord n'est pas donné. Côté professionnel, une vue sobre (tendances sur quelques semaines, exercices réalisés) sert mieux qu'un tableau de bord chargé, car le temps de consultation est compté.
C'est cette cinquième fonction qui fait basculer le projet de la fourchette « application simple » vers celle de l'« application métier » : elle suppose des comptes distincts, des droits d'accès et un hébergement des données plus exigeant.
Concevoir une application de santé mentale pour un mauvais jour
Une application de santé mentale se juge au pire moment de l'utilisateur, pas au meilleur. Les choix ci-dessous sont modestes, mais ce sont eux qui décident si l'application est encore ouverte dans un mois.
- Un démarrage en moins d'une minute. Pas de questionnaire de vingt questions avant la première utilisation : l'utilisateur doit pouvoir noter son humeur ou lancer un exercice dès le premier écran, et compléter son profil plus tard.
- Un compte seulement quand il apporte quelque chose. Le suivi personnel peut fonctionner sans compte, avec des données gardées sur le téléphone. Le compte devient nécessaire dès qu'il y a partage avec un professionnel ou changement d'appareil.
- Un fonctionnement sans connexion. L'humeur se note et les exercices se lancent dans le métro ou dans une salle d'attente ; la synchronisation se fait ensuite.
- Une accessibilité réelle. Textes agrandissables, contrastes soignés, compatibilité avec les lecteurs d'écran du téléphone, boutons assez larges pour une main qui tremble ou une personne ralentie.
- Zéro pression de performance. Pas de série de jours consécutifs affichée en rouge quand elle se rompt, pas de classement, pas de badge de culpabilité. Un oubli ne doit jamais se transformer en échec visible.
- Un ton constant. Phrases courtes, vocabulaire simple, pas de ponctuation alarmiste, pas d'injonction (« Vous devez… »). Une même personne relit le tout pour garder une voix unique.
Ce que l'écran verrouillé révèle
Le texte d'une notification peut s'afficher sur l'écran verrouillé, devant un collègue ou un proche. Un message qui nomme l'application ou évoque l'humeur peut trahir ce que la personne ne souhaite pas partager. Prévoyez un libellé neutre par défaut (« Un moment pour vous ») et laissez la personne choisir d'en changer, ainsi que l'icône et le nom de l'application si votre public le justifie.

Données de santé mentale : ce qu'il faut décider avant d'écrire la première ligne de code
Une humeur notée chaque jour, un journal ou le résultat d'un questionnaire sont des informations relatives à la santé : le règlement européen sur la protection des données (RGPD) les classe parmi les données sensibles, soumises à des conditions plus strictes. En pratique, cela impose un consentement explicite et éclairé, une finalité annoncée, et une collecte limitée à ce qui sert réellement le service.
La question de l'hébergement vient ensuite. En France, héberger des données de santé recueillies dans le cadre de la prévention, du diagnostic ou du soin relève d'un régime d'hébergeur certifié (HDS). Selon que votre application reste un outil de bien-être personnel ou s'insère dans un suivi, ce régime peut s'appliquer ou non : le point est à faire trancher par un juriste ou votre délégué à la protection des données, avant de choisir l'hébergeur et pas après. Une analyse d'impact sur la protection des données (AIPD) peut aussi être requise pour un traitement de ce type.
| Décision à prendre | Ce qu'il faut trancher | Qui peut vous aider |
|---|---|---|
| Les données collectées | Chaque champ du formulaire sert-il une fonction précise ? Le champ libre du journal est-il indispensable, ou peut-il rester sur le téléphone ? | Vous, avec le professionnel qui relit le parcours |
| Le lieu de stockage | Sur l'appareil seulement, ou sur un serveur ? Chiffrement des données, hébergeur retenu, pays d'hébergement. | L'agence pour l'aspect technique, un juriste pour le régime applicable |
| Les accès | Qui voit quoi : l'utilisateur, un professionnel, l'équipe technique, personne d'autre. Journal des consultations. | L'agence (droits d'accès), le responsable du projet (règles) |
| La durée de conservation | Combien de temps garde-t-on un compte inactif ? Que devient le suivi quand la personne quitte l'application ? | Votre délégué à la protection des données ou un juriste |
| Le retrait de l'accord | Comment la personne exporte, corrige ou supprime ses données depuis l'application, sans écrire à quiconque ? | L'agence pour la fonction, vous pour la procédure |
| L'incident | Qui prévient qui, dans quel délai, en cas de fuite ou d'accès non autorisé ? | Votre juriste, avant le lancement |
Les outils d'analyse ajoutés « pour mesurer »
Un kit de statistiques ou de publicité intégré par défaut peut transmettre à un tiers des informations sur l'usage d'une application de santé mentale. Dressez la liste de chaque bibliothèque embarquée, de ce qu'elle collecte et de l'endroit où elle envoie ses données. En cas de doute sur un composant, retirez-le : mesurer l'usage se fait aussi avec des chiffres agrégés, recueillis sans identifier personne.
Application de bien-être ou dispositif médical : la frontière dépend de ce que vous annoncez
Un logiciel devient un dispositif médical selon l'usage que son fabricant lui assigne : s'il annonce diagnostiquer, prévenir, surveiller ou traiter une maladie, il entre dans le champ du règlement européen sur les dispositifs médicaux. Une application qui propose des exercices de respiration et un journal d'humeur, sans prétention médicale, relève en règle générale d'une autre catégorie. La frontière se joue donc largement dans les mots que vous choisissez, partout : description sur les boutiques d'applications, site, publicité, textes dans l'application.
- « Traite l'anxiété » : revendication médicale. À remplacer par « Propose des exercices de relaxation » si c'est bien ce que fait l'application.
- « Détecte une dépression » : revendication de diagnostic. À remplacer par « Permet de noter son humeur et d'en parler avec un professionnel ».
- « Remplace un suivi » : promesse à proscrire. À remplacer par « Peut accompagner un suivi mené par un professionnel ».
Si votre projet vise réellement un usage médical (aide au diagnostic, programme thérapeutique prescrit), les obligations changent d'échelle : évaluation clinique, système de gestion de la qualité, marquage CE. Ce chantier se mène avec un spécialiste réglementaire, il dépasse le développement et il ne figure pas dans nos fourchettes de prix. Nous développons l'application, nous ne remplaçons pas ce conseil.
Un guide technique, pas un avis juridique
Les règles de santé numérique évoluent, et leur application dépend de chaque projet. Ce qui précède donne les questions à poser et l'ordre dans lequel les poser ; la réponse définitive appartient à un juriste spécialisé ou à votre délégué à la protection des données.

Les sept erreurs qui font échouer une application de santé mentale
- Vouloir tout faire dès la première version. Méditation, chat, communauté, suivi, bibliothèque de cours : chaque module ajoute des écrans, des données à protéger et du contenu à valider. Une première version qui fait bien deux choses se teste mieux qu'une application qui en fait huit à moitié.
- Multiplier les notifications et les séries de jours. Une relance par jour est un rappel ; trois relances, et un compteur qui se remet à zéro, sont une pression. Un utilisateur fragile peut désinstaller l'application dès la deuxième relance.
- Ne proposer aucun chemin vers une aide humaine. Même une simple application de respiration croise des personnes en difficulté. Le bouton d'aide et le texte qui l'accompagne ne sont pas un supplément.
- Collecter des données « au cas où ». Date de naissance, adresse, antécédents : si aucune fonction n'en a besoin, ne les demandez pas. Une donnée qui n'existe pas ne peut pas fuiter.
- Brancher un assistant conversationnel sans cadre. Un agent d'intelligence artificielle peut répondre de façon inadaptée à une personne en détresse. Si vous en intégrez un, cadrez ses réponses, testez-le sur des situations sensibles avec des professionnels, rappelez qu'il ne remplace personne et prévoyez le renvoi vers les numéros d'aide. Notre page sur l'intelligence artificielle détaille ce que nous intégrons et dans quelles limites.
- Publier des exercices non validés. Copier une technique lue ailleurs sans la faire relire peut en déformer le sens. Chaque exercice, chaque phrase d'encouragement doit être relu par un professionnel qui connaît votre public.
- Ouvrir un espace communautaire sans modération. Un forum ou un fil de messages entre utilisateurs demande des règles, des modérateurs formés et une procédure quand un message inquiète. Sans cela, le risque dépasse l'intérêt.
Deux applications de santé mentale imaginaires, deux jeux de fonctionnalités
Les deux situations suivantes sont illustratives : ce ne sont pas des clients réels, et elles ne contiennent aucun montant hors barème. Elles montrent comment la même liste de fonctions se compose différemment selon le public.
Scénario 1 : une association qui soutient des proches aidants
Imaginons une association qui accompagne des proches de personnes malades. Ses adhérents sont épuisés, disposent de dix minutes par jour et n'ont aucune envie de créer un compte de plus. L'application proposée est volontairement légère : un suivi de la fatigue et de l'humeur gardé sur le téléphone, une dizaine d'exercices audio de deux à cinq minutes, un rappel hebdomadaire réglable et un écran « Besoin de parler à quelqu'un ? » qui renvoie vers les numéros d'écoute et vers les permanences de l'association.
Pas de compte, pas de serveur de données personnelles : l'hébergement ne porte que sur les contenus audio et les textes, ce qui simplifie fortement le projet. Les exercices sont enregistrés et relus avec la psychologue qui intervient auprès des adhérents. Ce périmètre relève de la catégorie des applications simples.
Scénario 2 : un cabinet de psychologues qui prolonge le suivi entre deux séances
Imaginons maintenant un cabinet de trois psychologues qui veut proposer à ses patients un outil entre les séances : un journal de situations difficiles, quelques exercices choisis par le praticien, un suivi de l'humeur que le patient peut choisir de partager. Ici, les comptes sont obligatoires, avec une double interface : le patient voit son espace, chaque praticien voit uniquement les patients qui l'ont autorisé.
Le cabinet doit décider qui héberge, qui répond à une demande de suppression, comment prévenir si un patient change de praticien, et ce qui est écrit au patient sur la surveillance (aucune, entre deux consultations). Chaque point ajoute du développement et du juridique : c'est le profil typique de l'application métier.

Application native, application web ou solution toute faite : que choisir pour la santé mentale ?
Trois façons de construire existent. Aucune n'est supérieure en soi : le bon choix dépend de la sensibilité des données, du besoin de notifications et de l'ambition du projet.
| Option | Atouts réels | Limites à connaître |
|---|---|---|
| Application mobile développée en Flutter | Une seule base de code pour iPhone et Android ; accès aux notifications, au stockage chiffré sur l'appareil et au fonctionnement sans connexion ; présence sur le téléphone de l'utilisateur. | Passage par les boutiques d'applications et leurs vérifications ; coût de départ supérieur à celui d'un site ; mises à jour à suivre à chaque évolution des systèmes. |
| Application web adaptée au mobile | Pas de boutique à franchir ; mise à jour immédiate pour tous les utilisateurs ; accessible depuis un simple lien. | Notifications et fonctionnement hors connexion plus limités selon les téléphones ; moins naturelle pour un usage quotidien ; icône sur l'écran d'accueil à ajouter par la personne. |
| Solution toute faite en marque blanche | Lancement rapide ; fonctions courantes déjà prêtes. | Peu de maîtrise sur l'hébergement et sur les données ; apparence proche de celle d'autres applications ; dépendance au fournisseur si son offre change. |
Pour une application qui accompagne un suivi ou manipule des données sensibles, le développement mobile maîtrisé reste le choix le plus cohérent, parce qu'il permet de décider soi-même où vivent les données. Nous le réalisons avec Flutter, ce qui évite de financer deux applications distinctes.
Si l'usage est encore incertain, une application web très simple, testée auprès de quelques personnes, permet de vérifier l'intérêt avant d'investir dans une version mobile complète. Ce test coûte moins qu'une application ratée.
Budget d'une application de santé mentale : ce qui sépare une version simple d'une version métier
Une application de santé mentale simple (suivi de l'humeur, exercices, rappels, écran d'aide, sans compte ni partage) démarre à 5 000 € HT. Dès qu'il faut des comptes pour des professionnels, un partage de données, un tableau de bord ou des contenus administrables, on entre dans l'application métier, de 8 000 à 15 000 € HT. Une plateforme avec plusieurs espaces, des paiements et un grand nombre de contenus démarre à 15 000 € HT.
Dans cette fourchette, les écarts viennent de postes bien identifiables :
- le nombre d'écrans et la richesse des exercices (formats audio, animations, parcours à étapes) ;
- les comptes et leurs rôles : utilisateur seul, professionnel, administrateur de la structure ;
- le partage de données et le journal des accès ;
- l'hébergement et le niveau de sécurité requis par le régime applicable ;
- la présence d'une interface d'administration pour modifier les textes et les exercices sans développeur ;
- les langues proposées, qui multiplient les textes à relire par un professionnel.
D'autres frais ne figurent pas dans ces montants : la production des contenus (enregistrement des voix, rédaction relue), les comptes développeur des boutiques, qui sont payants, l'hébergement, le conseil juridique. Pour une première estimation de votre périmètre, le simulateur de coût d'application mobile donne un ordre de grandeur en quelques minutes.
Déroulé d'un projet d'application de santé mentale, de l'atelier à la publication
- 1
Atelier de cadrage
Nous précisons la promesse, le public, les professionnels associés, les données à collecter et celles à ne pas collecter. À l'issue, vous recevez un périmètre écrit et un devis, avec ce qui relève de la version simple et ce qui relève de la version métier.
- 2
Parcours et maquettes
Nous dessinons les écrans du premier lancement, du suivi de l'humeur, des exercices et de l'aide. Vous commentez les maquettes, avec des allers-retours illimités jusqu'à votre validation, et vos professionnels relisent les formulations.
- 3
Préparation des contenus
Vous fournissez ou faites produire les textes des exercices, les enregistrements, les messages de rappel et le texte d'aide. C'est une étape qui demande du temps côté client : mieux vaut la lancer en parallèle des maquettes.
- 4
Développement et tests
Nous développons l'application, puis nous la testons sur plusieurs téléphones, dont des modèles anciens, et dans les conditions réelles de l'usage (sans connexion, notifications bloquées, texte agrandi). Les tests et la formation sont offerts.
- 5
Essai auprès de vrais utilisateurs
Quelques personnes du public visé essaient une version préliminaire, et un professionnel relit le tout. Nous corrigeons ce qui bloque, ce qui inquiète ou ce qui agace.
- 6
Publication et prise en main
Nous préparons les fiches des boutiques d'applications, avec des textes cohérents avec la promesse retenue, puis nous accompagnons la publication. Nous vous formons à modifier les contenus et à lire les statistiques d'usage.
Côté préparation, prévoyez : un relecteur professionnel identifié, les mentions légales et une politique de confidentialité rédigées avec votre juriste, les comptes développeur ouverts au nom de votre structure (pour que l'application vous appartienne, pas à l'agence) et la liste des numéros d'aide à afficher. Le calendrier dépend du périmètre, nous le fixons au devis ; le délai d'examen par les boutiques échappe, lui, à notre contrôle, et mérite une marge.
Pour discuter de votre périmètre avant d'engager quoi que ce soit, vous pouvez prendre rendez-vous avec l'Agence : nous commençons par comprendre le public et la promesse.
Après la publication : faire vivre une application de santé mentale
Une application de santé mentale n'est jamais « terminée ». Les systèmes des téléphones évoluent chaque année et peuvent perturber le fonctionnement des notifications ou de l'affichage : prévoir une maintenance régulière évite qu'une mise à jour du téléphone ne rende l'application inutilisable du jour au lendemain.
Le contenu doit lui aussi vivre : renouveler les exercices, corriger une formulation qu'un utilisateur trouve maladroite, mettre à jour les numéros d'aide. Fixez un rythme (par exemple une relecture complète une fois par an) et désignez la personne qui en est responsable.
Pour mesurer l'utilité de l'application sans surveiller les personnes, privilégiez des indicateurs agrégés : nombre d'exercices lancés, exercices terminés, jours d'utilisation par semaine, fréquentation de l'écran d'aide. Ils disent si les contenus servent, sans exposer qui que ce soit. Aucun de ces chiffres ne prouve à lui seul un bénéfice pour la santé : si vous voulez l'établir, il faut une démarche d'évaluation conduite avec des professionnels.
Enfin, préparez à l'avance la réponse à un incident : quelqu'un écrit à votre contact pour dire qu'il va mal, un utilisateur signale une fuite possible, une personne demande la suppression de ses données. Une procédure écrite, avec le nom de la personne qui répond et dans quel délai, se rédige en une heure ; improvisée sous tension, elle se rédige mal.
Huit questions à poser à un prestataire avant de lui confier une application de santé mentale
- Qui sera propriétaire du code, de l'application sur les boutiques et des données des utilisateurs une fois le projet livré ?
- Où seront hébergées les données, par quel hébergeur, et le régime applicable à mon projet a-t-il été examiné ?
- Quelles bibliothèques tierces l'application embarque-t-elle, et envoient-elles des informations à l'extérieur ?
- Comment la personne peut-elle exporter ou supprimer ses données depuis l'application ?
- Le prix comprend-il les contenus (voix, textes), ou seulement le développement ?
- Comment l'application se comporte-t-elle sans connexion, avec un texte agrandi, sur un téléphone ancien ?
- Qui assure la maintenance après la publication, et dans quel délai intervient-on si l'application cesse de fonctionner ?
- Avez-vous déjà travaillé avec des professionnels de santé pour relire les contenus, et comment l'organisez-vous ?

Une application de santé mentale qui respecte ceux qui l'utilisent ?
Parlez-nous de votre public, de la promesse que vous souhaitez tenir et des professionnels qui vous accompagnent. Nous vous répondons avec un périmètre clair, un devis détaillé et des maquettes à valider avant tout développement.
Questions fréquentes
Une application de santé mentale peut-elle remplacer un psychologue ou un psychiatre ?
Non. Une application peut aider à se repérer, à pratiquer des exercices et à préparer une consultation, mais elle ne pose pas de diagnostic et ne remplace pas un suivi par un professionnel. Une application sérieuse l'écrit clairement dans ses textes et oriente vers une aide humaine dès que la situation l'exige.
Faut-il créer un compte pour utiliser une application de suivi de l'humeur ?
Pas nécessairement. Pour un usage strictement personnel, les données peuvent rester sur le téléphone, sans compte ni serveur, ce qui limite les risques. Le compte devient utile pour changer d'appareil sans rien perdre ou pour partager des informations avec un professionnel. Dans ce cas, il faut en échange un hébergement et des accès sécurisés.
Une application de santé mentale peut-elle s'adresser à des mineurs ?
C'est possible, avec des précautions supplémentaires. En France, l'âge du consentement numérique est fixé à 15 ans : en dessous, l'accord d'un parent est requis pour le traitement des données. Les boutiques d'applications posent aussi des règles de contenu selon l'âge. Faites valider le parcours par un juriste et par un professionnel de l'enfance.
Une application de santé mentale peut-elle être remboursée ?
Seuls certains dispositifs médicaux numériques, évalués par les autorités de santé, entrent dans des parcours de prise en charge. Cela suppose le statut de dispositif médical, avec évaluation clinique et marquage CE : une démarche distincte du développement de l'application, longue et exigeante. Elle se prépare avec un spécialiste réglementaire dès la conception.
Que se passe-t-il si un utilisateur écrit dans le journal qu'il va très mal ?
Si personne ne lit les saisies en temps réel, l'application ne peut pas réagir à ce que la personne écrit, et elle doit le dire. Elle peut en revanche afficher en permanence le bouton d'aide et rappeler, sous le champ de saisie, les numéros d'urgence, en précisant qu'elle n'envoie rien à personne.
L'application doit-elle fonctionner sans connexion internet ?
Pour les exercices et la saisie de l'humeur, c'est fortement recommandé : les moments de besoin surviennent dans des endroits où le réseau est faible. Les données sont alors enregistrées sur l'appareil et synchronisées au retour de la connexion. Les fonctions de partage avec un professionnel, elles, exigent évidemment un accès au réseau.
À qui appartiennent l'application et son code une fois livrés ?
Cela dépend du contrat, c'est donc à écrire noir sur blanc avant de signer. Le plus sûr pour vous est d'ouvrir les comptes développeur des boutiques au nom de votre structure, de recevoir le code source et de disposer des accès à l'hébergement. Ainsi, vous pouvez changer de prestataire sans perdre l'application.
Combien de temps la validation par les boutiques d'applications prend-elle ?
Le délai varie d'une boutique et d'une période à l'autre, et il échappe au développeur. Une application de santé peut aussi faire l'objet de questions supplémentaires de la part des boutiques, par exemple sur la politique de confidentialité ou sur ce que l'application annonce. Prévoyez une marge dans votre calendrier et préparez ces documents à l'avance.
Comment savoir si l'application est utile sans collecter de données personnelles ?
Avec des mesures agrégées et anonymes : nombre d'exercices lancés et terminés, jours d'utilisation, passages par l'écran d'aide, retours libres envoyés volontairement. Ces indicateurs révèlent quels contenus servent. Ils ne prouvent pas un effet sur la santé : pour cela, il faut une évaluation menée avec des professionnels et un cadre éthique adapté.

